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Bienvenue sur le blog de la Clinique Amis-Maux Québec!

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Publié le par Clinique Amis-Maux
Publié dans : #Chroniques d'une psy pas compliquée
Sugar Ray Robinson (1921–1989) est, pour plusieurs, le meilleur boxeur de tous les temps.

Sugar Ray Robinson (1921–1989) est, pour plusieurs, le meilleur boxeur de tous les temps.

Pour être champion, vous devez croire en vous-même quand personne d'autre ne le fait.


Sugar Ray Robinson

La boxe et la Vie, des parallèles surprenants...

Aujourd'hui, je sollicite votre imagination afin de comprendre l'importance de bien préparer votre enfant à relever avec succès les défis et combats qu'il connaîtra tout au long de sa vie.  Et un peu à l'instar de la boxe où un boxeur doit être bien préparé pour monter sur le ring et en ressortir la tête haute, nos enfants aussi doivent être bien préparés pour faire face aux différentes épreuves que la Vie ne manquera pas de leur servir.

 

Bon, vous vous demandez peut-être quel est le rapport entre la boxe et la Vie avec un grand «V».  Je vais vous expliquer mon point de vue.

 

Je discutais dernièrement avec un passionné de boxe. Il me racontait qu'avant de devenir «complet», un boxeur devait passer par différentes épreuves telles qu'affronter un adversaire en terrain hostile (i.e. dans le pays du boxeur, devant une foule bruyante et agressive), se battre contre des adversaires plus forts, des adversaires qui ont des techniques différentes, perdre des combats, avoir mal physiquement et psychologiquement.  Bref, avant d'être complet, un boxeur doit avoir connu la misère.  Et tout ça pourquoi?  Pour acquérir de l'expérience, pour devenir plus fort, plus solide; pour tirer des leçons des apprentissages et ainsi développer une meilleure connaissance de soi; pour faire jaillir les forces qu'il possède et développer celles qui lui manquent; pour apprendre à se relever et à avoir confiance en lui; pour découvrir que son univers ne s'écroule pas devant l'épreuve et la défaite.

 

Revenons-en aux enfants...  Le contexte social actuel place plusieurs enfants dans une bien drôle de situation... Non seulement sont-ils chéris par nous, leurs parents et beaux parents mais ils le sont également par leurs nombreux grands-parents!  Et ainsi, leurs désirs (notez bien qu'il ne s'agit pas ici de «besoins» mais bien de «désirs») sont parfois exaucés avant même d'être prononcés dans une phrase complète!  Quand on est un «parent-poule» ou bien un«grand-parent gâteau», il ne nous viendrait pas à l'esprit de laisser souffrir notre enfant inutilement... Ouain, souffrir dans le sens de «attendre» ou pire, se faire dire «non»!  Après tout, qu'est-ce qu'un tout petit bonbon avant le repas ou bien un nouveau toutou même si l'enfant en possède déjà bien plus que ses yeux et ses bras peuvent embrasser...

 

Qui ne risque rien n'a rien...

Et qu'en est-il de leur sécurité?  Peut-il vraiment faire cette activité sans danger?  Sans se blesser?  Peut-il revenir à la maison et rester 30 minutes seul avant que je revienne de travailler? Peut-il aller jouer au parc avec ses amis?  Peut-il vraiment faire ce module, que dis-je... cet ÉNORME, ce GIGANTESQUE module de jeux?  Et s'il tombait?  Pire, s'il tombait et se blessait?

 

Bon, là je sais que je risque de choquer certains parents... Mais à la question «S'il tombait ?», je réponds qu'il aura mal quelques minutes, pleurera peut-être mais devra apprendre à se relever et à retourner jouer... même si les copains ont rigolé quand il est tombé...  Il n'en mourra pas.  Et si jamais il se blessait, s'il se fracturait un bras? Eh bien! Il irait faire une visite à l'hôpital, aurait une radiographie ( les enfants sont souvent impressionnés de voir leurs os en photo! ), se choisirait une couleur de plâtre, prendrait des cachets pour la douleur et il survivrait...  Et vous aussi d'ailleurs, vous y survivriez.  Ce serait plate, ça vous demanderait peut-être une ou deux journées de congé, vous devrez peut-être modifier votre routine pour quelques jours/semaines mais tout rentrerait dans l'ordre. Personne ne souhaite que son enfant se blesse et tous voulons que notre enfant ait une vie heureuse et épanouissante. Mais vivre implique une certaine part de risque qu'il leur faut découvrir, qu'il nous faut leur laisser découvrir par eux-mêmes.

 

Apprendre l'essentielle résilience...

Pourquoi faisons-nous suivre des cours de natation à nos enfants?  Quand je pose la question aux parents, ils me répondent tous que c'est pour une question de sécurité. En général on souhaite aussi qu'ils apprennent également les bonnes techniques de nage mais le point qui ressort à chaque fois est celui de la sécurité.   Ce n'est pas quand l'enfant tombe de la chaloupe et qu'il est dans le milieu du lac que c'est un bon moment pour apprendre à nager... Ce moment où l'enfant tombe dans l'eau est le moment pour lui de mettre en action ce qu'il a appris dans ses cours. Par cet incident, il apprendra qu'il est fort, que s'il reste calme c'est plus facile, il découvrira qu'il a bien fait de mettre sa veste de flottaison (même s'il faisait trop chaud, que ça pique dans le cou et que ce n'est pas confortable). Il verra qu'il sait garder la tête hors de l'eau, que même si l'eau est plus froide et beaucoup plus profonde que ce qu'il connaît, il a tout ce qu'il faut pour survivre à cet accident, même s'il a bu beaucoup de cette eau et qu'il s'est un peu étouffé avec... Il apprendra qu'il est capable de survivre et à nager par lui-même, même s'il a eu très peur. 

 

Ainsi en est-il de chaque apprentissage de la vie. Lorsque les enfants sont confrontés à un «non», ils apprennent à gérer leurs frustrations. Lorsqu'ils doivent travailler fort pour atteindre un objectif, ils développent de la persévérance.  Lorsqu'ils apprennent à cuisiner, à choisir leurs vêtements, à faire des tâches, ils développent de l'autonomie.  Et tout ça aide à augmenter leur estime de soi, leur confiance en soi, leur affirmation de soi. 

 

Comme parent, nous souhaitons que nos enfants soient des adultes heureux.  Par contre, lorsque nous agissons en parent-poule, nous transmettons ces messages à notre enfant: "Le monde extérieur est dangereux" et "tu n'es pas équipé pour y faire face seul".  Ces deux messages peuvent générer une grande anxiété chez l'enfant.  La surprotection n'est pas de l'amour. Il n'est pas rare, en thérapie, que je recommande aux parents de laisser une plus grande autonomie à l'enfant.   Soutenir, encadrer et encourager!  Voici ce dont a besoin un enfant pour découvrir la vie et développer son plein potentiel.

 

Nous le savons tous, la Vie a souvent de belles et parfois de difficiles surprises pour nous.  C'est à partir de notre toute petite enfance que nous développons de la résilience et que nous faisons grandir nos forces et aptitudes à relever les défis.  Vivre des échecs et des difficultés, ce n'est pas grave.  L'important est de savoir y faire face.  Si nous ne l'avons pas appris dans l'enfance et l'adolescence, les difficultés que nous rencontrerons à l'âge adulte nous sembleront fort probablement insurmontables et généreront en nous des émotions difficiles à gérer.

 

Pour en revenir à la boxe, si un boxeur a toujours combattu dans un milieu où il est le favori, comment réagira-t-il lorsque ce ne sera pas le cas?  S'il a toujours gagné ses combats haut la main parce que ses adversaires n'étaient pas de calibre, que ce passera-t-il pour lui lorsqu'il sera sur le ring avec quelqu'un de sa force ou pire, quelqu'un meilleur que lui? Que se passera-t-il s'il n'a jamais reçu de coups qui l'ont ébranlé?  S'il a toujours été celui qui mettait ses adversaires K.O.?  Comment survivra-t-il à la défaite s'il ne l'a jamais connue?  Une chose est certaine, avant de recruter un boxeur, je m'assurerais qu'il a l'étoffe pour affronter des obstacles et des difficultés.  Car sur un ring, les deux adversaires visent le même objectif:  la victoire.

 

En conclusion...

Faire face aux défis de la Vie, ça s'apprend, peu importe notre âge!  Si vous avez besoin d'un coup de main, n'hésitez pas à consulter un psychologue.  Il est possible aussi que l'aide d'un(e) éducateur/trice spécialisé(e) ou d'une psychoéducateur/trice vous soit utile pour vous aider à encadrer votre enfant de façon efficace.  N'hésitez pas, parfois quelques rencontres peuvent faire toute la différence.

 

Sur ce, je vous souhaite un beau printemps avec ceux que vous aimez.

 

Jeanne-Élise Gagnon, psychologue à la Clinique familiale Amis-Maux

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