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Bienvenue sur le blog de la Clinique Amis-Maux Québec!

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Publié le par Clinique Amis-Maux
Publié dans : #Psychologie
Article auquel Valérie Gosselin, M.Ps., psychologue et co-directrice de la Clinique Amis-Maux Inc. a participé (tiré de Cyberpresse) 

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Le lundi 10 septembre 2007  

 

Edwige, mon amie imaginaire

 

Stéphanie Martin

Le Soleil

Québec



Alizée, trois ans, babille gentiment, assise à sa petite table. Devant elle, pour l’œil rationnel des adultes, une place en apparence inoccupée. Grossière erreur. Alizée prend le thé avec Edwige, son amie imaginaire.


La petite a l’imagination débordante. Déjà, elle excelle dans les jeux de rôles et adore s’inventer mille et une histoires. C’est peut-être pourquoi sa maman, Dominique, n’a pas été surprise outre mesure quand, il y a quelques mois, Edwige est entrée dans la vie de sa fille et a pris de plus en plus de place dans la maison.

« Le nom d’Edwige vient d’un histoire que nous lui lisons. C’est le nom d’une poule », rigole Dominique. Mais l’amie imaginaire, elle, n’est pas une volaille, c’est une petite fille. Il y a aussi Aglaé qui vient faire un tour de temps en temps. Et les Beatles, qu’Alizée adore, qui s’invitent régulièrement à dîner.

Ces jours-ci, Edwige est là quotidiennement. Et il lui arrive toutes sortes d’aventures. Elle tombe et se fait mal. Elle part en vacances avec la petite famille. Elle aura même un petit frère bientôt, car sa maman, comme Dominique, est enceinte. Et, évidemment, elle brave tous les interdits. Ce qui fait qu’Alizée affronte un peu plus ses parents au sujet des consignes.

Comme avec les amis réels, quelquefois, il y a des prises de bec. Récem-ment, Dominique a été forcée d’intervenir dans une dispute entre sa fille et Edwige. « Elle m’a dit que son amie l’avait tapée et j’ai dû mettre Edwige en punition », raconte-t-elle, mi-amusée, mi-exaspérée. « Parfois, admet-elle, Edwige prend beaucoup de place et ça nous tombe un peu sur les nerfs. »

Mais il y a aussi des moments où l’amie imaginaire donne un bon coup de pouce. « Je m’en sers. L’autre jour, Alizée refusait de prendre son bain. Alors, j’ai mis Edwige dans l’eau et je l’ai savonnée. Alizée a fini par céder. »

Inquiétante l’apparition d’un ami imaginaire ? Pas pour les parents d’Alizée.
« C’est venu tout naturellement. On a embarqué. On n’a pas essayé d’y mettre un frein. Je crois que ça fait partie de l’imaginaire et du développement », philosophe Dominique.

 

Un compagnon inoffensif


Depuis un certain temps, un nouveau venu s’est immiscé dans la famille. Il prend de la place, parle, agit et fait les quatre cents coups, mais vous ne le voyez pas. Pas de panique, l’ami imaginaire de votre enfant n’est pas menaçant !

Il est vrai que les parents peuvent être déboussolés devant le nouveau comportement de leur enfant qui se met à parler à une personne invisible. Certains trouveront même la situation plutôt inquiétante. Loin d’être alarmant, cela est plutôt un signe de bonne santé mentale.

Les psychologues s’entendent en effet pour dire qu’il est tout à fait bénéfique pour un enfant de se construire un monde imaginaire dans lequel un compagnon fictif occupe une place de choix. « C’est sain et parfaitement normal chez les tout-petits », insiste la psychologue et directrice clinique Valérie Gosselin. C’est même très fréquent, selon elle. « L’humain est un être social qui a un important besoin d’interagir. Pour un enfant, ce n’est pas toujours évident d’apprendre les règles d’interaction sociale. Il peut alors s’inventer quelqu’un avec lequel il pourra dialoguer et socialiser, quelqu’un qui est au même niveau que lui et qui le comprend. »

Les amis imaginaires sont probablement aussi nombreux qu’il y a d’enfants pour les créer de toute pièce. Il suffit d’en parler un peu autour de soi pour constater que ces personnages, tous plus rigolos les uns que les autres, ont bercé l’enfance de plusieurs personnes. C’est le cas de Marise, 25 ans, qui se souvient clairement d’Escalo, son compagnon à salopette bleue, qui vivait dans le grenier avec des chèvres (!) et qui lui donnait de la gomme à mâcher qu’elle partageait de bon cœur avec sa mère. Ou d’Annie, qui garde un souvenir impérissable de Jour de l’An, le fidèle compagnon de son frère cadet à qui il fallait faire de la place dans la voiture. Ou encore de Morgane, qui partageait ses jeux avec un blob vert et visqueux répondant au nom original de Ramouninette. « Il était laid mais je voulais l’aimer quand même. Je lui parlais et on jouait ensemble, car j’étais plutôt une enfant solitaire », relate-t-elle avec amusement.

Ce trait de personnalité est d’ailleurs souvent présent chez les enfants qui grandissent avec un ami imaginaire, indique Mme Gosselin. « Ce sont souvent des enfants uniques ou qui ont une différence d’âge importante avec leurs frères et sœurs. » Une chose est certaine, ce sont majoritairement des petits à l’imagination très fertile. « Ils ont besoin de nourrir leur côté créatif, ils sont plus artistes », énumère-t-elle.

Si l’ami fictif permet de faire éclater sa créativité, de faire la part entre le réel et l’imaginaire, il peut aussi se révéler un outil précieux pour verbaliser ses émotions. « L’enfant pourra projeter ses sentiments sur son ami parce que c’est plus facile de passer par lui. C’est moins menaçant, car il n’est pas impliqué directement. Il voit la réaction de l’adulte et reçoit les trucs », explique Valérie Gosselin.

Le petit Édouard, quatre ans, se sert de son ami Papapoutpout pour discuter avec sa mère, Sabrina, de concepts plus abstraits et pour assimiler les nombreuses notions qu’il acquiert durant la journée. « Il prend ce qu’il aime le plus de tout le monde et associe tout cela à la même personne », raconte la maman. C’est ainsi que Papapoutpout a la plus belle voiture et qu’il vit au Mexique.

C’est bien gentil, tout ça, mais les adultes sont parfois dépourvus devant l’imagination débridée de leur progéniture. Faut-il alimenter leur fantaisie ou au contraire nier l’existence du curieux personnage ? Ni l’un ni l’autre, suggère Mme Gosselin. Il est préférable de s’en tenir à une attitude de non ingérence. « Le parent n’a pas à aimer ou à accepter l’ami imaginaire. Il ne doit pas non plus poser trop de questions ou en rajouter. Cet univers appartient à l’enfant. On entre dans le jeu, mais sans en faire trop. »

Sans exagérer, quand cela s’y prête, le parent peut aussi utiliser l’ami imaginaire pour rassurer son enfant. À la rentrée, par exemple, alors que le gamin est propulsé dans un monde qui lui est inconnu, une présence rassurante peut alléger l’anxiété de la séparation. « On peut lui dire qu’il ne sera pas seul, que son ami le suivra toute la journée dans la classe et dans la cour de récréation », propose Valérie Gosselin.

Petit à petit, souvent avec l’entrée à l’école, le copain fictif devrait s’effacer tranquillement pour laisser la place à des amis en chair et en os. « Plus l’enfant vivra des réussites dans ses relations avec les autres, plus il se sentira accepté, moins le besoin d’ami imaginaire sera présent », dit la psychologue. Selon elle, jusqu’à l’âge de huit ans, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Passé cet âge, si l’enfant entretient encore une relation forte avec son ami imaginaire, il faut se questionner. « Le parent doit dialoguer avec son enfant. Vérifier s’il a des amis, s’il est capable d’aller vers les autres, s’il est plutôt isolé ou rejeté, pour comprendre pourquoi il s’accroche à son ami. » Si le dialogue est difficile ou impossible, il est recommandé d’aller consulter, car ce comportement pourrait cacher des problèmes plus sérieux, précise-t-elle.

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barbé 25/09/2009 23:21


Bonjour
Je suis en première année de psycholgie et nous avons un "mini mémoire" à rédiger et à présenter. Notre sujet est l'ami imaginaire, pourriez vous me donnez d'autres informations sur ce sujet? merci
d'avance, cordialement
Nathalie


maeva 10/07/2009 19:28

j'ai un problème, j'ai 14 ans et j'ai une amie imaginaire je n'arrive pas a me separer d'elle. J'ai toujours eu trop d'imagination mais là ca devient très pesant pour moi et mes proches. je ne sait pas quoi faire, je commance serieusement a m'inquiter mais je ne peut pas m'en separer au secour!!!!!

Clinique Amis-Maux 10/07/2009 22:46



Bonjour !
J'aimerais pouvoir t'aider, mais pour ça, il faudrait que tu m'appelles la semaine prochaine de jour au 418-847-2666 à ma clinique. Ma clinique est au Québec, Canada. Je sais pas si tu es ici ou
en Europe...
Il me fera plaisir de t'écouter et de voir ce que je peux faire pour t'aider...
À bientôt j'espère !
Valérie Gosselin :o)



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